Histoire

L’ancienne cathédrale de Grasse a connu divers instruments de tribune successifs, depuis 1634 (date la plus ancienne connue à ce jour).

Le plus important instrument parmi ces 3 principaux instruments reste celui de Jungk:

  • celui mentionné en 1634 était antérieur, aucune indication précise ne nous est parvenue
  • celui de Roccatagliata a fonctionné de 1806 à 1855, il semble n’en rester rien,
  • il est remplacé par celui de Jungk en 1855.

En 1632, un premier orgue fut donné par l’Évêque, Scipion de Villeneuve. Il fut augmenté et déplacé en 1697 par la confrérie du Très-Saint-Sacrement puis réparé en 1712 et 1713, détruit en 1795.

En 1798, le Conseil de Fabrique de la paroisse de Grasse décide de l’achat de l’orgue des Réformés de Marseille vendu aux enchères.

En 1853, le Conseil de Fabrique décide de le remplacer et commande à Monsieur Jungk de Toulouse (directeur de la manufacture avec le financier Bertrand Feuga et Émile Poirier tuyauter) un orgue de 31 jeux et 2 claviers de 54 notes.

Trois documents permettent de reconstituer les trois étapes de l’acheminement de Toulouse en Haute-Provence (450 km à vol d’oiseau) du grand orgue de la cathédrale de Grasse. L’instrument était sorti en 1854 de la manufacture Feuga-Jungk, située à l’époque rue des Balances, l’actuelle rue Gambetta. L’orgue de 9,5 tonnes, réparti en 143 colis fit le voyage en vingt jours. Un premier envoi, constitué de 39 colis (9 tonnes), quitta le Port Saint-Sauveur le 26 décembre 1854 et arriva à Sète le 31 décembre. Là, les colis attendirent le départ de l’un des paquebots à vapeur, L’Océan ou La Méditerranée qui assuraient la correspondance Sète-Marseille le 3 de chaque mois. Le bateau touchant la côte au port de Cannes, il ne restait qu’une vingtaine de kilomètres de route pour arriver à Grasse, le 8 janvier. 

La seconde cargaison, composée de « 4 caisses de tuyaux d’orgues en étain pesant brut 643 kg » (Lettre de voiture de Toulouse à Grasse, archives cathédrale de Grasse) quitta Toulouse le 8 mars 1855. Il est probable qu’elle ait été acheminée par barque accélérée et paquebot rapide. Le 15 avril 1855, Monsieur Lefébure-Wely (organiste de La Madeleine à Paris) participe à la réception et à l’inauguration de l’orgue.

L’orgue comprend beaucoup de gambes 16-8-4, des jeux à anches libres et un rare cornet harmonique.

Malgré bien des recherches, on ignore et la date et l’endroit de la sépulture de Jungk, (après 1862) né en 1827, qui a travaillé essentiellement dans la région à :

  • Pignans en 1847
  • Toulon cathédrale en 1851
  • La Valette en 1852
  • Cuers en 1853
  • Antibes, cathédrale en 1860, qui semble être la date la plus tardive relevée avec le seul nom de Jungk dans la région comme dans le reste du pays.

L’orgue est relevé en 1907 par Vignolo, successeur de Mader, et en 1950 une transmission pneumatique est installée (travaux effectués par la Maison Puget).

Il a été restauré entre 1978 et 1981 par la Maison Tamburini de Crema sous la direction d’Henri Bin et de René Saorgin, (en reconstituant une traction mécanique et en rajoutant un positif de dos de 8 jeux, en position basse, à la place de la précédente console).